Le système d'économie libérale ou « économie de marché », qu'on peut nommer « capitalisme », devient le modèle économique universel qui s'impose au monde d'aujourd'hui et qui ne cesse d'encourager la « libre entreprise », l'initiative et l'audace des « capitaines d'industrie ».Mais la nature humaine étant ce qu'elle est, ces initiatives se feront pour le profit d'un seul, et non pour le profit de tous.A l'heure de la « mondialisation », il est évident qu'un pays qui fut autrefois « en voie de développement » et qui accède, peu à peu, au cercle fermé des « pays riches » (je veux parler de l'Inde) souhaite progresser. Ces progrès, par un phénomène de vases communicants, ne peuvent se faire que par un nivellement des richesses d'un pays à un autre.
Qu'un capitaine d'industrie, venu du coeur de l'Inde, où il produit de l'acier, achète une aciérie en France (à Gandrange, il y a un an), que croyez-vous qu'il puisse en advenir ? A-t-on la naïveté de croire qu'un tel capitaine développera une production d'acier dans un pays, qui est, en quelque sorte, concurrent du sien ? En réalité, il éteindra, un après l'autre, les « fours » qui produisent de l'acier, jusqu'à ce que ses usines, en Inde, soient les seules à fabriquer et vendre de l'acier au monde entier.
De nombreuses villes françaises ont payé un lourd tribut à la délocalisation, parmi lesquelles Romilly-Sur-Seine ne fait pas exception , avec les 1 500 emplois perdus dans la bonneterie et dans la fabrication de cycles.
Michel Conrad

